Claustrum

Group Show

 

Du 17 juin au 17 Juillet 2020

 

Rose Barberat & Alexandre Samson, Alexandre Barré, Jessica Boubetra, Jeanne Briand, Mark Daovannary, Gérard Escougnou, Jean-Baptiste Lenglet, Isabelle Tissier & Muriel Leray, Rachel Marks, François Patoue, Jeanne Revay, Charles-Henry Sommelette, Lucien Roux, SDRN, Gilles Teboul, Maxime Testu, Bonana Van Mil, Victor Vialles, Sabrina Vitali, Mathieu Wernert, Etienne Boissier

CLAUSTRUM

L’exposition CLAUSTRUM vise à questionner notre ressenti de cette période clivante du confinement et interroge nos rapports internes avec l’extérieur et les autres.

Inquiétante étrangeté

Sortir de la schizophrénie.

Le Claustrum est identifié en neurosciences comme le siège de la conscience de Soi. Ce serait une des zones les plus densément connectée qui réunit les différents flux électriques, qu’ils soient d’origine sensoriels, moteurs ou cognitifs. On sait que si ses flux sont perturbés et ne peuvent se rejoindre, le Sujet perd la conscience de lui même. Il ne peut plus se percevoir comme un être unifié.

En psychanalyse, il renvoie aux phobies aliénantes, témoins de notre manque de l’autre. Enfermé dans le Claustrum il nous est impossible de communiquer avec lui. Le Claustrum serait un vide précipitant et atemporel.

L’identité projective permet alors de se connecter à l’autre en s’identifiant à une partie « esthétique » de lui, de se l’approprier comme une partie de nous-même, pour en être apaisé. C’est ce qui fonde aussi notre sentiment d’identité.

Pendant ce temps suspendu du confinement, figé face à ce White Cube glacial, vidé de toute oeuvre et perdant tout fonction fonction alfa, j’avais le privilège d’avoir recours à des projections mentales réconfortantes.

Mark Daovannary et ses « Deux ans de solitude » , l’artiste nous met face à la création d’une allégorie, celle du temps qui s’arrête. Les deux horloges présentées se neutralisent à l’aide d’un mécanisme précis. Le temps n’agit plus selon une réalité extérieure. Deux ans de solitude et pas plus, équivaut à l’espérance de vie des piles utilisées pour les horloges.

Gilles Teboul et ses monochromes irradiants, ou encore L’évasion dans La Tonnelle de  Charles-Henry Sommelette

Commençait alors la création d’une exposition fictive, faisant dialoguer les artistes entre eux, variant selon mes états psychiques.

A la levée du confinement, je rêvais de confronter ces identifications projectives à la réelle formulation du ressenti de chacun des artistes lesquels avaient nourris mon confinement.

 L’incertitude du moment rendu par cette situation imprégnait le flou de mes demandes, les rendant poreuses et éphémères.

« La scénographie de l’expo sera une ligne de masques accrochés aux murs de la galerie à hauteur du regard. le regardeur serait alors confronté à une lignée de confinés ».

Les formulations faites aux artistes quant à l’objet-Masque leur paraissaient tantôt contraintes rigides et

réductrices, tantôt nécessaires et forçant des écarts à leur pratique habituelle.

 

Puis arrive le déconfinement masqué. Un objet barrière pour sortir de l’isolement. Choix individuel soumis à un collectif fragilisé, mis en tension. Une absence de contact. Une prothèse, support d’une parole étouffée, comme objet d’une liberté contrainte, en sursis masqués....Une série d’individus faisait raisonner dans la galerie une parole libératrice. Faire circuler la parole, la pensée. Au contraire d’étouffer notre parole, l’objet serait alors employé à évoquer notre sentiment de confinement et de déconfinement à venir.

 

Ce dialogue ouvert entre les œuvres hallucinées, celles réalisées spécifiquement pour Claustrum, interragissent et permettent ( je l’espère) que la pensée se déploie de nouveau, fragile en perpétul mouvement.

Une mise en abyme d’un Claustrum commun. Le vernissage (Cluster?!) a permis de confronter mon Claustrum

solitaire à la réponse généreuse, intuitive qu’on a pu vivre ensemble.

On pourrait alors faire l’hypothèse que c’est justemement ce conflit « esthétique permanent », ces rencontres dans le réel, créant de nouvelles synergies, qui nous permet de sortir du Claustrum.

 

Edouard Escougnou

Galerie Edouard Escougnou 

7, rue Saint-Claude 75003 Paris
T +33(6) 27 93 76 53
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